Les médecins en Grève

                              Mercredi 18 mars 2009

           

       

Les médecins du secteur public, sont en grève depuis le dimanche 22 février 2009. Les hôpitaux, les polycliniques, les centres de soins sont paralysés depuis cette fatidique date.

Le malade crie au scandale, le médecin crie à l'indifférence et surtout au despotisme  des responsables. Qui a tort ?! Qui a raison ?!

Personne n'a mesuré le préjudice causé par cette bouderie des porteurs de blouses blanches et des stéthoscopes. Personne ne veut écouter cette frange, qui est au fait l'unique élite de toute la population.

       

Un médecin, c'est qui ? C'est l'élève de l'école primaire qui est classé parmi les premiers durant les six années de ce palier.

Un médecin, c'est qui ? C'est le collégien qui a obtenu des félicitations durant les trois années de ce palier.

Un médecin, c'est qui ? C'est le lycéen qui a obtenu des félicitations et des encouragements durant les trois années de ce palier.

Un médecin, c'est qui ? C'est cet élève de terminale qui a obtenu son baccalauréat avec mention et une moyenne au- dessus de 14/20.

    

Un médecin, c'est qui ? C'est le seul étudiant qui a passé Sept années sur les bans des amphithéâtres, le seul qui a étudié plus de modules, souvent difficiles et complexes, le seul qui a visité tous les services des centres hospitalo-universitaires, le seul qui a recouru à des « nuits blanches », avec la peur au ventre de ne pas réussir tel ou tel module, le seul qui es resté au campus des semaines, voir des mois sans rendre visite à sa famille et ses amis, le seul qui a eu à sacrifier 19 ans pour obtenir son doctorat, le seul qui… le seul, et j'en passe, la liste est encore assez longue, que les médecins et les étudiants m'excusent d'avoir cité ci peu !

Une fois les études terminées, le long parcours achevé, avec toutes les difficultés qu'il a véhiculé, le service national (18mois) accompli (sauf  la junte féminine), le voilà à la recherche du boulot. Il frappe à toutes les portes, il effectue des démarches draconiennes à la recherche d un éventuel emploi. Il est orienté, pour ne pas dire, complètement désorienté vers les bureaux de placement et autres agences de recrutement étatiques ou privées.

              

Il répond sans cesse à des annonces, en envoyant des lettres de candidatures, des dossiers souvent onéreux. Il effectue des entretiens, des examens ! S'informe par des relations personnelles en demandant auprès des connaissances ou autres proches des interventions pour obtenir un poste d'emploi. Si enfin au bout de quelques années, il est recruté, il n'est même pas payé au Smig, car le truc du pré-emploi n'a aucune efficacité. Au fait, payer un médecin 8000 Dinars (l'équivalant de : 82,88 ) est un acte insensé et frustrant.

Après ce pénible parcours, qui lui apporte souvent pessimisme, frustration et regret d'avoir choisi le plus noble des métiers. Puis, légitimement, il demande à être rémunérer à sa juste valeur. Personne ne l'écoute, il fait grève malgré la déontologie qui régie cette profession et son lien avec le serment d'Hippocrate. Maintenant, si les responsables du secteur, si le gouvernement à sa tête le président de la république, font la sourde oreille à leurs doléances, à qui vont-ils s'adresser ?! Qui s'en chargera de leur misérable situation ?! Pourtant, quand on veut on peut, dit-on !

La preuve, récemment les députés ont vu leur salaire augmenter à 30 millions de centimes, pour ne citer que cette catégorie « politico-parlementaire » !

Pire, en ce jour, à la veille du 19 mars, Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière a sommé les directeurs des établissements publics hospitaliers et des établissements de santé de proximité d'adresser, dans les plus brefs délais, des mises en demeure à l'ensemble des praticiens en grève.

De son côté, le SNPSP a rendu public hier un communiqué dans lequel il dénonce, une fois de plus, «le bras de fer engagé par la tutelle avec les praticiens de santé publique». «Aucune frange de la société algérienne, intellectuelle ou non, ne se sent autant méprisée que la famille médicale». C'est dans cette logique que les praticiens de santé publique inscrivent leur mouvement dans la durée. «Ni les retenues sur salaire, ni les entraves à l'activité syndicale et au droit de grève, ni le harcèlement que subissent les praticiens de la part de l'administration ne valent la reconquête d'une dignité, que nous arracherons coûte que coûte», poursuit le communiqué du SNPSP.

   

Au lieu de passer à la véritable table ne négociation, Le ministre a préféré comme tous ses confrères du gouvernement, passer outre cette méthode pour exhiber son artillerie pour faire taire toute revendication !

Il est temps de rompre avec ces méthodes archaïques. La fuite en avant, est désormais révolue ! Un peuple qui prétend être civilisé et démocrate, doit régler tout contentieux avec sagesse et un dialogue franc et courtois, sans le recours à la force, la violence ou l'intimidation.

Il est temps aussi que les différents responsables à tous les niveaux se mettent à l'écoute des besoins de la population. C'est de là que naitra la confiance, l'efficacité, l'entente, la concorde et le gout à la vie décente, sinon la « Hargua » (l'évasion vers l'étranger) se perpétuera.

                            

       Commentaire réalisé par Hocine T. mars 2009.



Article ajouté le 2009-03-18 , consulté 82 fois

Commentaires



Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens

Voir les articles de la catégorie " Actualités "

Retour aux articles