Premier Novembre 1954
Dimanche 1er Novembre 2009
La Révolution algérienne est devenue mature, elle vient de célébrer son 55 ème anniversaire.
En ce glorieux anniversaire, on peut se dire pour la cinquante-cinquième fois que la guerre de Libération fut un succès : Après plus de huit ans du déclenchement de la révolution, la France coloniale est vaincue et la guerre d'Algérie qui a duré du 1er novembre 1954, jusqu'au 5 juillet 1962, est gagnée.
A l'instar des villes et villages de toute l'Algérie, le village de Sidi Mérouane a eu à célébrer à sa façon cette journée commémorative. Tôt le matin de ce samedi 31 octobre 2009, les hauts parleurs installés sur le toit des bâtisses de la commune et sur celui de la maison de jeunes, diffusaient des chants patriotiques sans interruption, pendant toute la journée.
Une importante veillée a été organisée conjointement par l'Assemblée Populaire Communale à sa tête son président Seraoui Abdelhafid et le bureau local de l'Organisation Nationale des Moudjahidines.
Prévue à 20h30mn, à l'école du Chahid Larbi Bouchelif, les festivités ont débuté par l'hymne national suivi d'une minute de silence à la mémoire de tous les martyrs.
L'animateur de cette soirée, comme de coutume, n'est autre que 3 ème vice président de l'APC, Mohamed Gherraz.
A 2oh45mn, il se présente en face de nombreux présents, des moudjahidines (Combattants), des cadres de la commune notamment de l'enseignement, des jeunes et même des enfants pour annoncer le riche programme élaboré avec mains de maitre à cette occasion.
Elle débuta par la projection sur un grand écran à travers un data show, d'une chronologie minutieusement présentée relatant avec commentaires toutes les périodes des révolutions populaires depuis 1830, date de l'occupation de l'Algérie par l'armée française.
Cette projection, a passé au crible les différentes périodes marquantes, tracées par les valeureux Bouâmama, El mokrani, les Zaatchas, les Ouled Sidi Cheikh, Lella Fatma Ensoumer, L'émir Abdelkader, Abdelhamid Benbadis puis vint le tour des héros de novembre; BenBoulaid, Didouche Mourad, Abane Ramdane, Amirouche, Hassiba ben Bouali, Houari Boumediène, Bitat, Bentobal, Ferhat Abbas, Boudiaf, pour ne citer que ceux la.
La parole est ensuite passée à un groupe de 5 lycéens appartenant au Technicum local, qui à leur tour ont successivement retracé l'histoire de la révolution engagée spécifiquement dans la wilaya de Mila, de 1830 à 1962, année de l'indépendance, pour enfin terminer leur récit par ce qui s'est passé dans l'ancienne contrée de Zouagha, appelée aujourd'hui, Chigara.
Ils se sont étalés surtout sur la bataille déclenchée le 20 aout 1955 dans la mechta de Zaouia, à 2 Kilomètres du chef lieu de la commune de Sidi Mérouane, qui a fait l'objet d'une écoute particulière.
Parmi les présents, un ancien moudjahid qui à eu le malheur et le bonheur à la fois d'être un acteur de cette bataille a été invité par l'animateur de la soirée à monter sur l'estrade pour relater à cette assemblée les faits réels de ce sinistre événement. Récit émouvant et plein d'atrocité.
Un débat fructueux été ouvert, la parole est donnée à tous ceux qui ont désiré apporter un éventuel éclaircissement ou un quelconque correctif.
La séance est levée, il est 23h25mn. La soirée a duré plus de deux heures et demie, sous un silence de plomb. Les présents attentifs, notamment les jeunes, ont été abasourdis par ce qu'ils viennent de voir et entendre. Une lugubre émotion se lisait sur tous les visages.
Côté histoire, les témoins et les différents acteurs avec leur concret témoignage s'en vont un par un, emportant avec eux les véritables facettes du vécu et les moments importants à la reconstitution exacte et légitime de cette admirable épopée qu'est la Révolution algérienne.
L'écriture des différentes étapes de la révolution, tarde à se faire pour cause de certains vivants qui dénient le droit aux autres de rapporter des faits historiques.
A 23h30mn, tous les présents sont invités à une délicieuse collation, composée de date et de cacahuète. A minuit pile, heure symbolisant le début de la révolution, le drapeau national est hissé par la garde communale, en présence des autorités locales et des éléments la gendarmerie nationale. Pour symboliser cet événement, des balles ont été tirées.
« On n'apprend pas à mourir en tuant les autres » Chateaubriand. Mieux encore : « Quand le riche engage une guerre, c'est le pauvre qui meurt » Jean-Paul Sartre.
Reportage réalisé par Hocine T. Le 1er Novembre 2009

Commentaires
mostepha le 06/11/2009 à 19:43:42Merci, Hocine.