Le Constat d'un Village
05 Août 2007
LE CONSTAT D'UN VILLAGE
Sidi Mérouane, une commune distante à peine de 13 kilomètres, au nord du chef lieu de la wilaya de Mila, semble entièrement détachée du reste du monde. Son éloignement de la RN 27 reliant la wilaya de Constantine, à celle de Jijel en passant par la ville de Grarem Gouga n'a fait qu'empirer sa position.
Son emplacement loin de cet important axe routier, qui mène vers toutes les directions, n'a fait qu'accentuer son isolement. la submersion du pont le reliant à la commune de Chigara, par les eaux du barrage est venue embraser davantage sa critique situation.
Malheureusement sa proximité du barrage de Beni Haroun, le plus gigantesque d'Algérie, n'a eu, aucun effet positif pour son développement et son essor sur presque tous les plans.
Pour ainsi dire, la situation géographique de sidi Mérouane et ses terres agricoles des plus envieuses ne l'ont pas beaucoup aidé, et ne lui ont pas servi à grand-chose pour lui permettre d'accéder au rang des grandes communes, à l'image des autres localités de même envergure, jouissant du même statut.
En effet, de par sa position contiguë avec cette énorme oeuvre, cette agglomération était censée devenir un grand centre urbain, voire même un carrefour en matière de commerce agricole, d'industrie agro-alimentaire, de culture et d'échanges. Mais au fil des années, rien ou presque n'a changé et la réalité de cette bourgade devient de plus en plus acerbe et sans espoir, notamment pour les jeunes désoeuvrés.
Les inhabituels qui empruntent la route menant vers Sidi Mérouane n'éprouvent aucun besoin de s'arrêter ou même de garer leur véhicule, histoire d'apprécier l'immensité des eaux stockées du barrage et son site panoramique, ou profitant de cette escale pour s'approvisionner en fruits et légumes locaux ou siroter une boisson fraîche.
Le village n'appâte pas et ses commerces limités ouverts n'affichent pas grand-chose du reste. En matière de développement, il faut souligner que cette commune accuse un retard considérable notamment en terme, d'équipements et d'infrastructures publics.
En dehors de quelques modestes infrastructures dites de base ( siège de l'APC, (Mairie) des collèges et lycées, de l'unique mosquée, d'un bureau de poste, d'insignifiants immeubles d'habitation déjà vétustes…), la localité n'a absolument pas grand chose à offrir. L'essor escompté perpétue hélas!
Il y a également un stade communal en tuf (terrain vague) sur le bas-côté, au nord ouest de la commune, sans gradins, ni autre infrastructure l'accompagnant, et qui se trouve dans un état de délabrement avancé, malgré sa récente réception après réfection.
- Stade - ou aire de jeu!
La bourgade possède entre autre un centre de santé où les citoyens peuvent se soigner. Celui - ci accueille la visite d'un médecin généraliste, tous les jours ouvrables. Cependant les consultations ne sont effectuées que les matinées. Malheureusement aucune permanence (de médecin) n'est assurée à son niveau pour le restant de la journée, de la nuit ou les jours fériés... La prise en charge reste fragmentaire, pour ne pas dire dérisoire et surtout conditionnelle!
Cela étant, et comparativement aux autres collectivités locales bénéficiant du statut de chef-lieu de commune et de Daïra et issues du même découpage administratif, Sidi Mérouane n'a pas réussi à se soustraire de son ancienne apparence et son mode de vie traditionnel.
Cette localité, donne une incroyable impression d'isolement et baignant même dans sa léthargie. Le déficit en foncier public est un autre handicap pour la municipalité de Sidi Mérouane qui n'arrive pas à dégager de terrain ou une quelconque parcelle pour la réalisation de nouveaux édifices ou équipements publics.
La construction de nombreux immeubles d'habitation afin de répondre un tant soit peu au nombre en perpétuelle croissance des demandeurs de logement, contraint l'APC à grignoter par-ci, par-là ou refuser carrément la réception de tels projets par absence de lieu d'implantation.
Partant de cet ambiguë constat, la commune éprouve tout le mal du monde à répondre positivement à toutes les demandes de logement formulées, surtout dans le cadre du social. Peu de gens sont des salariés, la majorité des citoyens sont sans grandes ressources, vivant de l'agriculture et de petits métiers.
Comme partout ailleurs, à Sidi Mérouane, le chômage bat son plein et le désoeuvrement fait subir les pires tourments aux jeunes et aux moins jeunes qui n'ont d'autre lieu où aller que de s'engouffrer dans des cafés qui existent en grand nombre, S'adonnant à leurs jeux favoris, le domino et la belote!
* Occupation et passion...*
Pour échapper à la morosité qui mortifie leur quotidien, les habitants de Sidi Mérouane ( paradoxalement, surtout la junte féminine) attirés par l'ambiance de la ville, et surtout, troquer leur malaise contre l'achat de quelques fringues, prennent chaque matin les fourgons ( J 9 ) du transport des voyageurs pour aller à Mila.
Ils partent vadrouiller dans l'étendu marché appelé naïvement "Marché Trabendo". Ce marché ouvert tous les samedi et mardi, envahi toutes les rues et les espaces des quartiers du nord ouest de la ville. Ce geste est devenu presque machinal pour ces nombreux habitants, notamment les jeunes préférant y passer leur journée.
En effet, travailleurs et aux autres citoyens ayant de solides motifs les obligeant à se rendre dans la ville de Mila, se mêle une autre catégorie de citoyens formée essentiellement de jeunes désoeuvrés.
Chaque jour que Dieu fait, tout ce beau monde se bouscule pour avoir une place dans le fourgon qui devra les mener vers la grande foule, symbole d'évasion, d'anonymat et de rupture avec la lassitude quotidienne.
* Tel est la minime partie cachée du constat d'un village.
Constat réalisé par Hocine T. Août 2007
Photos improvisées par l'auteur du texte

Commentaires
mohamed salah bouchelia le 04/05/2009 à 17:40:38par tout les moyen vous aurez assayer de faire moteur,touts les engrenements ,rotations au pay des carburant le diesel tarde a demmarer a moin que ce soit une philosophie du genre (laisser moi je suis bien avec ma passivite) je taquine gentillement les gens de mon pays... allo!!! ya quelqun???ca va venir....