Chronologie d'une Omra / 1

  Jeudi 25 Octobre 2007 

                                                         

           

                             

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,/ J'ai voulu vous faire partager les différents moments que j'ai vécu, étape par étape, point par point, aussi bien sur le plan spirituel, organisationnel, relationnel ou autre.

Malgré mes efforts pour vous faire vivre ce passionnant rite, sur tous ses angles, j'ai l'impression que je n'ai pas tout dit, parce que, ce que j'ai vécu n'est pas facile à raconter.

C'est captivant, tout est féerique, paradisiaque je veux dire. Malgré tout en voici le récit.

Lisez et laissez vos commentaires ,/ merci.

 

 Cette première et indispensable phase a débuté officieusement dès le dépôt des dossiers auprès de la commission de wilaya des Œuvres sociales de l'Education Nationale, parce que c'est elle qui en a la charge d'acheminer tous les dossiers des participants à travers tous les organismes concernés par l'opération Omra, tel que l'agence de voyage, air Algérie, l'ambassade de l'Arabie Saoudite pour le Visa etc.…

Lors du dépôt des différents documents il nous a été signifiés que nous serons contactés des suites à donner par téléphone.

On est rassuré donc, et nous devons tout simplement rester bien coi chez soi à attendre un appel libérateur, sinon on peu carrément aller au bord de la mer passer ses vacances.

A propos je vais juste ouvrir une petite parenthèse pour souligner un fait anodin. Dans le contenu de la note adressée par la dite commission, la date butoir du dépôt des dossiers a été fixée au 25 mai 2007. Cependant en consultant le calendrier de l'année en cours, nous relevons avec stupéfaction que ce jour fixé inconsciemment et par pure négligence n'est qu'un vendredi tout en soulignant que même les jours de jeudi cet organisme n'est pas ouvert.

Je ne vais plus m'étaler sur ce genre d'anecdote, pour ne pas dire imprudence alors la digression est close.

 

,/   Mardi 11 Septembre 2007  ,/

 

La nouvelle est tombée sur mon portable. Les documents sont arrivés, ils sont disponibles et sont récupérables au bureau de la commission de Wilaya.

 

,/    Mercredi 12 Septembre 2007    ,/

 

10h 30mn, prise de contact avec le bureau concerné et récupération de tous les documents de voyage : Passeport avec visa, billet d'avion, carnet de vaccination, bien emballés dans une pochette portant l'effigie de l'agence de voyage qui nous prendra en charge du départ jusqu'au retour. Le Départ est fixé pour le mardi 18 Septembre 2007, à 03 heures du matin.

 

,/   Jeudi 13 Septembre 2007    ,/

 

La fameuse pochette en main, direction la Banque pour bénéficier du change de l'allocation voyage en devise. J'ai eu droit à 150 €, pour presque 15000 DA !

 J'ai trouvé surprenant et un peu choquant cette manière hasardeuse avec laquelle est accordée cette insignifiante allocation. Parce que quelqu'un qui part pour un simple voyage de tourisme en Tunisie par exemple, et étant libre de rester le temps qu'il veut, il a droit à la même somme que celui qui part pour 15 jours ! et de surcroît à la Omra !on peut tout simplement dire, c'est une pratique inéquitable. C'est malheureux et arbitraire mais on a voulu que se soit ainsi !souhaitons qu'on y pensera un jour à remédier à cette grave déficience. bref passons.

Evidemment en attendant d'être contacter par la commission, le travail de prospection et d'approfondissement, de tous ce qui à trait aux rites, et de ce qu'on doit faire ou dire durant l'accomplissement des différentes obligations, une fois sur les lieux, a été fait.

Ce travail a été minutieusement préparé et entamé avec sérieux et abnégation par la consultation de différents documents, soit en ma possession, soit à travers l'Internet, ou carrément par le jeu de questions réponses avec des gens de ma connaissance, ayant déjà effectués auparavant une Omra.

Tout a été soigneusement organisé, concernant le comment de toutes les actions relevant de cette sacrée mission. le voyage, l'avion, l'arrivée, l'hôtel, le séjour, la nourriture, le niveau de vie à la Mecque et Médina rien ou presque n'a été négligé.

Equipé de toute cette flotte de connaissances, je me sens fin prêt à accomplir ma Omra.

Il faut souligner toutefois qu'on est au mois de ramadhan. Aujourd'hui lundi, à la veille du grand départ, nous avons consommé le « ftour » du cinquième jour de jeûne.

  Q

 

,/   Lundi 17 Septembre 2007   ,/

 

Le départ vers l'aéroport est prévu après la prière de « Tarawih »,vers 23 h donc, soit 4 h avant l'embarquement.

Arrivé, à l'aéroport Mohamed Boudiaf de Constantine, il est minuit passé de 20 minutes.

Ce petit aérogare semble ne pas contenir la grande foule venue de  différentes Willaya environnantes, pour accompagner et souhaiter bon voyage à leurs parents.

Le temps de prendre notre souffle, immortaliser cet exceptionnel événement avec l'appareil photo ramené expressément. Il a été décidé de faire une petite prospection dans l'aérogare, façon aussi de se dégourdir les jambes et se familiariser avec ce décors qui n'est guère coutumier à notre quotidien.

Soudain, je me trouve face au bureau de l'agence de voyage. Vite j'ai reconnu le secrétaire de la commission des œuvres sociales de la wilaya de Mila, qui, à son tour m'a reconnu.

Il est accompagné d'une foule de gens, la plupart des barbus, vêtus de gilets fluorescents sur lesquels sont frappés les sigles de l'agence. J'ai aussitôt compris que se sont les guides ou « mourchidines », désignés par les responsables de l'agence qui vont nous accompagner, durant tout le séjour.

 Les gens de l'agence de voyage chargés de cette opération, sont déjà sur les lieux depuis longtemps semble t-il.

Immédiatement, ils prennent attache avec nous pour les premières orientations:

- Allez illico procéder à l'enregistrement des bagages. m'intima l'un d'eux.

Il est 1 h passée du matin, donc on déjà mardi.

 

,/   Mardi 18 Septembre 2007   ,/

 

Je me suis dirigé vers l'endroit servant à l'enregistrement des bagages. L'opération a duré plus d'une heure. Aussitôt, l'hôtesse de l'aéroport, chargée des informations appela par la voix des haut- parleurs : « les voyageurs à destination de Djedda sur le vol de la compagnie Air Algérie sont priés de se présenter aux postes de contrôles merci ».

Tout le monde se disait : « Au revoir, ne pas nous oublier lors de vos  prières et bon retour in challah ».

Tellement il y avait beaucoup de monde, le contrôle auprès de la police des frontières, a assez duré.

Une fois passé du contrôle, on est prié de monter dans des bus pour l'identification des bagages, sous un vent terrible. Après cela on est enfin embarqué dans l'avion.

C'est un Boeing B 767-300 d'Air Algérie.

Le décollage de l'énorme appareil qui contient environ 250 passagers, s'est effectué à l'heure prévue, il est 3 heures du matin.

C'est sous un bruit assourdissant que le Boeing quitta le tarmac de l'aéroport de Constantine.

Une fois le décollage effectué, sans encombre et après les différentes consignes d'usages édictées dans les avions en vol, l'hôtesse de l'air, d'une douce voix nous fait apprendre que le voyage durera 4h50 mn.

Une fois l'avion a atteint l'altitude et la vitesse de croisière idéales, un excellent repas pour le Shour est servi à bord de l'appareil.

Les discussions, plutôt, les susurrements des passagers sont légèrement audibles car hésitantes et timides, chacun songe certainement à ces 5 heures que durera le vol...

Même la nourriture (dont des champignons…) servie, n'a  été consommée que partiellement par la majorité des passagers, surtout les femmes présentes. Tout le monde sans doute commence à sentir  ce mal de partir, ne dit-on pas «  Partir c'est mourir un peu ».

 Après ce furtif repas, hélas mal digéré par les uns, chaque passager  vaque à une occupation dans l'espoir de minimiser le temps restant. Les uns causent de tout et de rien, en essayant de deviner sur quel pays survolons-nous ?! les autres très concentrés sur leur petit livret qui est au fait, un guide de la Omra dans lequel sont consignés tous les actes et paroles. On a l'impression, qu'on est à la veille des examens scolaires. On recense également ceux et celles qui sont déjà épuisés par les événements et ont préféré plutôt une détente somnolente, surtout que la majorité des passagers sont des Vieillards.

Il est environ, 6 heures du matin, le commandant de bord s'adresse aux passagers :

- Bonjour frères et sœurs « Mouatamirines », nous avons atteint le « Miquate »(le lieu géographique déterminant la frontière qui nous contraint à l'Ihram), il est demandé à ceux qui partent pour la Mecque de porter leur tenue rituelle d'Ihram. (elle se compose d'un pagne et d'une houppelande, genre de deux grandes serviettes blanches, l'une pour la partie supérieure du corps au dessus de la ceinture l'autre, pour la partie inférieure). La femme elle, peut porter ce qu'elle désire à condition qu'elle soit décente et sans parure attirant l'attention des gens. Et d'ajouter :

- Pour la sécurité de l'avion et des passagers, il est formellement interdit d'utiliser les eaux des toilettes, merci et bonne Omra.

Aidés des guides et suivant leur démonstration les concernés commencent à se dévêtir et se draper des habits de l'Ihram.

Evidemment les choses sérieuses, plutôt les choses sacrées ont débuté.

Le vœu de la Omra est proclamé individuellement : «Labbaik Allahouma Omra ».

Ensuite c'est la « Talbyah » les hommes prononcent ces paroles à haute voix mais non les femmes. Le sens général est le suivant : 

« Je réponds à votre appel, Allah, oui, je réponds à votre appel. Je réponds à votre appel. Oui, vous n'avez pas d'associer, et je réponds à votre appel. Les louanges et le bienfait sont pour vous, ainsi que la royauté. Vous n'avez pas d'associé ».

Il est recommandé de répéter aussi souvent que possible cette phrase, jusqu'à l'arrivée.

 La Talbyah s'est poursuivie ainsi que les invocations d'allah, jusqu'à l'arrivée à l'aéroport international de Djedda.

L'atterrissage du boeing, s'est effectué dans les meilleures conditions, il est 8 heures, heure Algérienne, nous devons avancer nos montres de deux heures, pour être à l'heure locale.

En quittant l'avion où régnait une ambiante température, dès le premier pas est mis sur l'échelle de l'appareil, une bouffé de chaleur terrible est venue foudroyer nos visages, notre vue semble écourter par cette  inattendue température. Sans risque de nous tromper nous pouvons dire qu'il fait plus de 45°

Les bus nous attendaient sur le tarmac brûlant, pour nous ramener finalement à une grande salle d'attente. La fatigue, se lie à travers tous les visages, les yeux cernés par le manque de sommeil, une mauvaise mine laissant apparaître une forte et inquiétante pâleur.

En attendant les différentes formalités de police et de douane Saoudiennes, tout ce beau monde profite de cet escale pour aller se laver, faire ses ablutions et accomplir la prière du Sobh (matin).

C'est aux toilettes de l'aéroport après avoir fait mes ablutions que j'ai oublié ma montre, une jolie montre d'ailleurs, que je n'ai pas retrouvée, malgré mes recherches.

Nous passons ensuite pour les différentes formalités, policières et douanières. Aussitôt, commence une longue attente dans l'aéroport,
heureusement qu'on trouve ce qu'il nous faut d'essentiel :
Des toilettes, suffisamment d'eau, de grands tapis un peu partout pour faire la prière.

 Les préposés Saoudiens aux guichets, eux, ne perdent pas leur sang-froid. Rodés à ce genre de travail, ils ne sont nullement impressionnés par les foules. L'exercice s'apparente à un simple jeu d'enfants.

Formalités achevées, enfin sortie de l'aéroport. De pertinentes  orientations et consignes sont proclamées par les guides, ces organisateurs nous recommandent de rester patient sur place.
On ne doit pas se faire une fausse image, le futur hadj est un véritable model, c'est un ambassadeur de son pays, un échantillon très représentatif de la population mondiale musulmane.

L'arrivée des bus est annoncée, ils doivent nous conduire à la ville sainte de la mecque.

A la vue d'un guichet et voulant profiter de ce laps de temps, j'ai procédé au change de la somme de 100 euros contre 508 Rials, monnaie locale.

 Il est 13 h 30 mn, arrivée des bus. Embarquement immédiat, départ vers la Mecque, distante de 86 kilomètres environ de la ville de Djedda. Une fraîcheur enivrante règne dans le bus grâce à leur système de climatisation. Terriblement fatigués, pratiquement tous les passagers sont tombés dans les bras de Morphée.

Après 1heure 40 minutes environ de route, un panneau nous signale la ville de Mecca El Moukarrama. On est arrivé.

 


C'est vraiment le grand bémol du voyage, c'est une ville très bruyante, où l'on sent un peu une certaine pollution, d'ailleurs il est courant de voir des personnes porter des masques pour s'y protéger.
Les bâtiments sont immenses, surtout à côté de Masjid Al Haram, chose qu'on ne voit jamais sur les photos. Il y a des hôtels partout. On voit aussi le palais royal, protégé par un mur d'enceinte d'au moins 10 mètres de haut et de trois mètres de large.

On voit des montagnes un peu partout, et des immeubles construits à leurs flancs.
Les transports sont disponibles, en majorité des voitures américaines ou japonaises, des minibus et de gros 4x4.
On entend les chauffeurs de taxi criaient : "Haram, Haram, Haram" qui veut dire, "je vais au Masjid Al Haram".

Les voitures sont souvent cabossées, et les chauffeurs n'hésitent pas à utiliser le klaxon. Il est impossible de ne pas entendre de klaxon pendant trente secondes! Ils klaxonnent pour tout et pour rien.

Les policiers véhiculés, de leurs voitures ou carrément sur des motos,  s'adressent aux automobilistes encombrants la circulation à l'aide des haut-parleurs. Ils parlent aux gens en étant dans, ou sur leur engin, même lorsqu'ils sont en train de rouler!
Enfin, lorsqu'il y a la prière, tout s'arrête, les commerçants ferment.
La prière est retransmise dans les haut-parleurs, qu'on peut entendre de partout.

A 15 h 10mn les bus s'arrêtent devant l'hôtel où notre hébergement est réservé. Ce grand hôtel s'appelle « Medjmouaat  El Oumara » qui veut dire : « Groupe des Emirs », il est composé de sept étages. 

Le temps de faire descendre les bagages sous la conduite des guides, qui nous ont illico dirigé vers le bureau vitré de l'agence de voyage, à l'intérieur de ce spacieux, magnifique et climatisé hall.

A l'intérieur de cet hôtel, habitué et spécialisé dans l'hébergement des gens de la Omra et du hadj, un monde fou qui se bouscule et fait du coude à coude, dans un brouhaha indescriptible, pour accéder aux deux ascenseurs disponibles dans chaque bloc, car il n'en possède que trois blocs : le « A », le « B » et le « C ».

Nous, on est affecté au bloc « B ». Les guides, pour une meilleure et rapide organisation, nous prient de choisir nous même nos compagnons de chambre, par affinité et créer des groupes de Cinq, sinon, six éléments par chambre.

Opération un peu aisée pour nous puisque au départ de Constantine nous étions déjà quatre, géographiquement issus du même endroit.

Il y a moi, Aissa, Abdelwahab et Slimane. Il nous manque un seul pour constituer le groupe. Il est vite trouvé, il s'appelle Zoheir. Il est  aussi de la même région. Ce groupe, va nous faciliter sans doute une bonne familiarisation et une meilleure adaptation, pour vivre harmonieusement les 10 jours programmés à la Mecque.

Il est aussi demandé aux femmes de faire autant, car elles sont logées ensemble dans différentes chambres, même si elles sont accompagnées de leur mari.   

Le groupe constitué, la chambre 612, nous fut attribués. Sans perte de temps nous remontons les bagages par les ascenseurs.

Là, après une petite conversation nous avons tous conclus que nous devons effectuer notre Omra sans attendre les guides, étant armés, suffisamment de connaissances des rites.

Chose dite, chose faite. Toujours en tenue d'Ihram, nous voilà sur le chemin du Masjed El Haram, qui se trouve à 300 mètres environ de l'hôtel.

Nous sommes partis pour Masjid El Haram (La mosquée Sacrée). il est 17 heures.

La mosquée est énorme. Quel gigantesque ouvrage, c'est merveilleusement impressionnant!
Une impression de grandeur, en plus c'est encore plus beau que sur toutes les photos qu'on peut voir.

C'est une splendide construction, une fresque féerique, un incomparable spectacle, le marbre ressort beaucoup mieux, c'est fabuleux.
Ensuite, nous rentrons en groupe dans le Masjid El Haram, on été contraint de se tenir par les mains, pour ne pas nous égarer.

A l'intérieur de la mosquée une affluence incommensurable nous entoure, des hommes tous de blanc vêtus, des femmes en noir, il y a même des enfants et des bébés. On a l'impression de nager dans cette foule grouillante.

Il faut se faufiler entre cette masse qui devient de plus en plus compacte à l'arrivée de l'assiette. (endroit contournant la kaâba)
Là c'est encore mieux, la Kaâba,
Al Kaâba Acharifa : la Quibla de tous les musulmans. Le spectacle est indescriptible, c'est une image paradisiaque. Le fait de se retrouver dans un endroit le plus sacré au monde, et regarder la chose la plus merveilleuse qui puisse exister sur terre, se dresser majestueusement devant moi, c'est une adoration. A sa vue j'ai senti mes cheveux se dresser sur ma tête et un long frisson de plaisir et de stupéfaction me parcourir tout le corps. Ce corps, resté figé, semble immerger dans une exaltation sans nom et un délire sans égal. Il est difficile de trouver les mots justes pour vous raconter ce que l'on ressent ici.

Le rêve devient une réalité. La Kaaba, dont le parterre qui l'entoure est formé de plaques de marbre blanc, projetant le reflet de tous ceux qui tournent autour comme un énorme miroir, s'élève somptueusement vers le ciel, dans son habit noir, parée et dorée par la calligraphie scintillante et resplendissante. c'est miraculeux me dis-je ! la pierre noire (sacrée), ramenée par l'ange Gabriel du paradis est là dans son angle, par lequel le Tawaf doit impérativement débuter. Elle est gardée par des policiers sans relâche, 24h sur 24h.

A coté de la Kâaba se situe Maqam Sayidna Ibrahim Al Khalil qui se distingue par sa couleur jaune dorée. On regardant à l'intérieur vous verrez les traces de ses pas préservées depuis des lustres.
Un peu plus loin c'est Hadjar Ismail ( pierre d'Ismail ), que vous découvrirez entre Erroukn (angle) Echami et Erroukn Al Gharbi (ouest). Ces pierres sont bien entendu couvertes sous la forme d'un demi-cercle, avaient servi à Sayidna Ibrahim lorsqu'il élevait les assises de la Kâaba.

Me trouver ici me comble d'un immense bonheur, c'est vraiment un don du ciel. Merci oh! mon Dieu pour cette immense récompense qui n'a pas de valeur.

 

Nous arrivons à hauteur du coin abritant la pierre noire, un grand néon reflétant de lumière verte, accroché au mur de la mosquée nous confirme qu'on est en face de l'endroit légal de départ. C'est le moment des rites. Il est environ 17 heures.

,/   Le premier rite   ,/

 

c'est El Ihram. Le port de deux serviettes et une sandale. Cette tenue ne doit en aucun cas être cousue avec du fil. Cette opération a été faite dans l'avion, une fois nous avons survolé le Mikat.  

 

,/   Deuxième rite   ,/

                                  

Le Tawaf (circumbulations) débute, 7 tours autour de la Kaaba. Les tours s'effectuent en partant vers la gauche, donc dans le sens contraire des aiguilles d'une montre.

L'esplanade de la Kaâba ne désemplit pas. Des dizaines, voir des centaines de milliers jouent des coudes pour faire les sept tours de la Kaâba. L'impressionnante foule se meut péniblement. C'est à peine si on pouvait faire un pas. Femmes, hommes, vieillards et même des enfants se mêlent et se bousculent incroyablement dans un espace aussi réduit. Tout le monde arborant la même tenue (Libass Al Ihram), le spectacle de cette marée blanche est saisissant, vu de loin.

Les bousculades éclatent, notamment à l'approche du « Hadjar Al Assouad » (La pierre noire) que le pèlerin doit embrasser. Craignant de ne pas accomplir ce rite, certains font carrément étalage de leur force pour arriver à leurs fins. Bien qu'une fatwa autorise le Hadj à saluer la pierre de loin.

Les Afghans et les Pakistanais, qui sont très nombreux ici, se livrent même à une espèce de monopolisation du Hadjar, en restant là, collés à la pierre jusqu'à ce qu'ils aient fait défiler les leurs ! Les vieux non accompagnés, mais surtout pas forts pour s'y approcher, se contentent d'un salut de la main, de loin. Pis encore, certains se livrent à des pratiques à la limite du paganisme, à l'image de ceux qui s'agglutinent sur les murs de la Kâaba en y collant leurs joues et pleurant à chaudes larmes. D'autres s'accrochent même au tissu noir soyeux qui recouvre la Kaâba

Cette frénésie, qui fait perdre le sang-froid à des milliers de pèlerins, se vérifie également devant la porte de la Kaâba (Al Moultazam) et « Erokn Al Yamani ». Les mêmes bousculades et les mêmes scènes de délire frisant la schizophrénie sont observées à chaque Tawaf. Le self-control et la spiritualité cèdent quasi fatalement la place à des affrontements verbaux et, parfois, on en arrive même aux mains.

On y fait des invocations, on y récite du Coran, Mais il est particulièrement recommandé de réciter en parvenant au Roukn Al Yamani - coin, dit Yéménite - ( qui précède celui où se trouve la pierre noire) ceci :

 "Rabana Atina Fi Eddounya Hassana Oua Fi Al Akhira Hassana Oua Qina âad'ab Ennar''. Les  pèlerins ajoutent également ''Oua Adkhilna Al Djana maâ Al Abrar Ya Aziz Ya Ghafar Ya Rab Al Alamaine".

Dont la traduction :
 «Seigneur donne-nous des bienfaits ici-bas et des bienfaits dans l'au-delà, et préserve-nous du châtiment du feu, fais nous entrer avec les vertueux dans le paradis,Toi qui es le puissant,l'indulgent, le Dieu de ceux qui savent ».


,/   Troisième rite   ,/

 

Ensuite, nous avons fait une prière de deux unités derrière Maqam Ibrahim, la station d'Ibrahim.

Ensuite, on s'est revigoré (on ne pouvait pas boire puisque c'est le ramadhan) de l'eau de ZemZem tout en invoquant Dieu.

 

,/   Quatrième rite   ,/ 

 

On est remonté vers l'endroit où le Saay devait être effectuer (Les va-et-vient entre Safa et Marwa), 7 fois, en aller – retour, en souvenir de Hadjar la femme d'Ibrahim Al Khalil qui faisait le même va-et-vient entre les monts Assafa et Al Marwa dans l'espoir de trouver une âme qui pourrait l'aider à nourrir ou étancher sa soif et celle de son fils Ismaïl.

Safa et Marwa symbolisent aussi les allées et venues de la mère éperdue pour sauver son fils d'une mort certaine,et témoi­gnent de l'admiration que suscite l'amour maternel, symbole de l'amour de Dieu pour Ses créatures. C'est cet amour mater­nel qui fit chercher de l'eau à Hadjar pour son enfant assoiffé et que c'est pour répondre à cet amour maternel que Dieu fit jaillir la source de Zemzem.

Dans ce long couloir rectiligne, où un espace est aménagé aux handicapés, les pèlerins respirent la quiétude. Point de bousculades, si ce n'est la longueur de la distance à parcourir.
Un parcours d'environ trois kilomètres de marche - et de trottinements pour les hommes sur un trajet déterminé par de grands et longs néons verts. En tout, nous obtenons 4 fois de Assafa vers Al Marwa et 3 fois d'Al Marwa vers Assafa.

* Arrivée à mi-chemin du sixième trajet (Al Marwa –Assafa), l'appel du muezzin pour la rupture du jeune, nous contraint à une interruption temporaire. Licitement, on a donc fait une petite pose pour manger des dattes, du yaourt et boire enfin de l'eau de Zemzem. Après la prière du Maghreb et du même endroit nous avons repris notre Saay.*

 On y récite des invocations, du Coran et lorsque l'on arrive sur les monts, tourné vers la Kaaba, on récite le verset :  158 de la sourate  Albaqarah.

« Assafa et al Marwâ font partie des rites sacrés de Dieu. Quiconque effectue le pèlerinage à la Maison (Mecque) ou la Oumra peut parcourir ce circuit (le va-et-vient entre assafa et al Marwa) sans crainte (de commettre un péché). Et quiconque s'impose de faire une bonne œuvre supplémentaire, alors Dieu est reconnaissant, Omniscient »... / ...

   Pour la suite voir Chronologie d'une Omra / 2    * Merci *

     Chronologie réalisée par Haj Hocine T. Nov 2007



Article ajouté le 2007-11-21 , consulté 79 fois

Commentaires


ms le 05/05/2009 à 12:05:42
oui bravo,bravo,bravo,hocine,vous nous avez transporter un peut labas avec la facon la plus naturelle de quelqun qui est eblouis!!mon pere jesticuler aller s'etrangler quant il me raconter il yest retournee trois fois a chaque fois illuminer au retours pour me dire ard allah.
titif le 28/07/2008 à 20:13:09
c'est une aventure passionante que j'ai trouvé interessante et palpitante . bravo

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