Les Colons Corses Reviennent - La Critique -
Samedi 05 juillet 2008
Introduction
Une visite a été effectuée à Sidi Mérouane, au mois de mai 2007, par les petits-fils des colons corses qui colonisaient Sidi Mérouane avant l'indépendance.
La délégation était menée par Alain Stéphanopoli. Il est Avocat, homme d'affaires et néanmoins chef de file des descendants des ex-colons, qui prétendent être les fondateurs de Sidi Mérouane, Comme si ce village n'existait pas avant leur arrivée, en 1874 !
Un reportage filmé, ironiquement préparé retraçant cette brève visite a été diffusé sur la chaine Française « France 3 », dans les informations du 19/20, sous le titre : le retour.
Ce reportage conçu avec intention, de ne montrer que les anciennes constructions et le restant des vestiges. On a l'impression que Sidi Mérouane est revenu dans le temps, d'avant 1962 ! Là le réalisateur a bien réussi ce transfère !
J'ai vu et écouté tout ce qui a été conté. Une fois, deux, trois, voir une dizaine de fois. Les subterfuges utilisés par tous les acteurs de cet enregistrement, sont si frappants que des lapsus clairs, et des intentions douteuses se sont émergés.
S'il est souvent facile de lire un écrit, il se trouve aussi qu'il est souvent difficile de le comprendre. Le contraire est aussi valable !
Cependant j'ai décidé de mon propre chef de livrer ma propre lecture et ma compréhension, sans entrer dans la polémique tout en évitant l'antisémitisme, ou de trop s'y faire dans la politique.
Avant de débuter « ma critique », je voudrais d'abord donner quelques définitions des mots clés utilisés dans ce reportage
ü Le dictionnaire encyclopédique 2000 *
Colonie : Du latin, Colonia, de colère « cultiver, habiter »
Territoire occupé et administré par une puissance étrangère et dont-il dépend sur le plan politique, économique, culturel, etc.
Coloniser :
1 – Transformer un pays en colonie.
2 – Peupler de colons.
3 – Familier : Envahir, occuper un lieu.
Nous pouvons déduire donc, qu'une colonie est une population qui quitte un pays pour aller en habiter un autre. C'est une appropriation, une usurpation par la puissance de ce qui ne lui appartient pas. Ce n'est plus difficile à comprendre !
Au début du commentaire il est dit :
« Au départ, un groupe de 33 chefs de familles arrivait en pionnier pour établir un fondement de colonie. Plusieurs concessions leur ont été attribuées ».
Des termes pour ne pas dire lapsus surgissent. A noter : pionnier - établir – fondement - colonie - concessions.
Tout est si bien dit. C'est clair comme de l'eau de roche. Ces gens, malheureusement sont venus en colons, en colonisateurs. Le dictionnaire vient de le confirmer susditement, alors il n'y a rien à y rajouter !
Là, permettez-moi d'y revenir un peu dans le temps. L'histoire du village de Cargèse a été aussi à un moment donné mouvementée, puisqu'il a vécu les mêmes désagréments vers le 16 ème siècle. Une colonie grecque a en effet été établie à Cargèse, venue se refugier contre l'occupation turque du Péloponnèse !
* Cargèse - Les deux Eglises *
La rébellion des habitants corses en ces temps contre ces intrus occupants a été coriace, car cette colonie était alors perçue comme une occupation étrangère de leur terre, une colonisation donc avérée ! Revers de la médaille !
Quant aux concessions, évidemment, cette colonie d'abord a été choisie suite à des critères établis et devait donc remplir certaines conditions pour postuler et prétendre au départ, qui devait les ramener jusqu'aux ports de Philippeville (Skikda) et Bône (Annaba) avant de rejoindre Sidi Mérouane ! En revanche, le choix des terres minutieusement étudié est remis en offrande.
Ne soyons pas dupe ! Ce dicton bien Africain résume parfaitement mon insinuation. « Celui qui rame dans le sens du courant, fait rire les crocodiles ».
Cependant dire : se sont leurs parents et grand- parents qui avaient fondé Sidi Mérouane ! C'est révoltant, outrageux, et ridicule ! Pourtant cette colonie, en arrivant sur les lieux, a bel et bien trouvé Sidi Mérouane et ses habitants !
Sidi Mérouane porte cette appellation à la mémoire d'un sage (Marabout) qui s'appelait « Mérouane » et y résidait. « Sidi », symbolise ; l'égard et le respect aux hommes de valeur. Comment alors prétendre et oser dire qu'il a été fondé par des familles corses ?!
En outre a-t'on délibérément oublié les batailles qui ont eu lieu à Sidi Mérouane et ses régions(Zouagha) entre les années 1855-1860 ? Et qui ont été conduites par Ben Azzedine dit «Bourenane » et cela avant bien leur arrivée.
Avant même l'invasion Française en 1830, les Romains étaient là aussi. Les ruines attestent et démontrent bien que Sidi Mérouane n'était pas un désert ! (Voir la confirmation dans le livre de Michel Stéphanopoli de Comnène « Sidi Mérouane Village Gréco-Corse en Algérie 1874-1962, chapitre II, Installation »)
Peut-on qualifier aujourd'hui d'arrivée pacifique de cette colonie ? Après avoir saisi le sens de ce mot ! Doit on, plutôt, avons nous le droit d'évoquer un éventuel retour pour soit disant, se ressourcer de leur culture et rafraichir leur mémoire ?
Toujours dans le même livre que je viens de citer, dans son chapitre I, La période préalable au départ. Il est dit textuellement : « Rien ne conviendrait mieux à l'Algérie que des immigrants de cette espèce qui possèdent ce qu'il faut pour bien s'installer et dont l'énergie semble promettre une résistance vigoureuse s'ils se trouvaient provoqués ou inquiétés par les indigènes ». Tout le monde constatera ici que les mauvaises intentions sont exhibées et la préméditation est dévoilée. L'affront a été déjà lancé en…1874.
Dans son intervention, la réponse de Mr Alain Stéphanopoli a été assez logique et presque authentique. Peut être ce n'était pas le message qu'il voulait transmettre ! « Je suis aujourd'hui particulièrement surpris, de constater que l'histoire de Sidi Mérouane est plus la propriété des Sidi Mérouanais-algériens… »
En tout cas, moi, je vais apporter un petit correctif pour faire dissiper toute équivoque, et je dirai tout simplement: «… que l'histoire de Sidi Mérouane est la propriété des Sidi Mérouaniens-Algériens » parce que en partant, ils n'ont fait que rendre à César ce qui lui appartenait.
Pour ce qui est de l'intervention de Mme Michelle Ragazzacci, alors là, heureusement que le ridicule ne tue pas ! Relisons-la avec méditation. « Je disais quand on me posait une question, je suis de nulle part ! Aujourd'hui, non, j'ai retrouvé mes racines. Je sens bien que je suis Sidi Mérouanaise ! Même si je vais repartir en France, heu ! J'ai retrouvé mes racines, Voilà, c'est sur ».
C'est extravagant, c'est délirant et de la pure fiction ! Pour garder ma lucidité en éveil, il aurait été préférable et avec discernement, que Mme Michelle déclare ceci : « Mes origines véritables et mes légitimes racines sont Cargèse et la corse. Là je suis en terre étrangère, que mes parents et grand parents ont colonisée pendant 88 ans, où je suis née et vécue circonstanciellement malgré moi ».
Ainsi elle n'aurait fait que rendre avec élégance ce qui ne lui appartenait pas et ne pourrait jamais lui appartenir. «Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens », « Le bout de bois a beau séjourné dans la rivière, il ne deviendra jamais poisson ». Ces dictons bien de chez nous confirmeront avec aisance mes propos.
Pour conclusion le commentateur, a délibérément choisi les mots de la fin : « Cette visite, marque des liens nouveaux entre cargèsiens et algériens ! Un prochain voyage est d'ores et déjà prévu » !
En disant des « liens nouveaux » marqués par cette visite, il y a nuance, car au fait, il n'y a jamais eu « d'anciens liens ». Ce qui existait réellement était de l'antagonisme. C'était la relation entre : colonisateur-colonisé, pour éviter de dire : entre le maitre et l'esclave !
Revenons aux déclarations farfelues de certains habitants locaux, sans doute choisis par connivence. D'abord elles sont fortuites, hâtives et aventureuses. L'excès de zèle et la méconnaissance des véritables enjeux ont poussé ces énergumènes à faire des déclarations qui n'honorent en rien leur statut de Sidi Mérouanien.
Parler solennellement de communion « Ils étaient nos voisins, les Zanitacci, les Voglimacci, les Ragazzacci, on vivait ensemble… » C'est méprisable ! Des lecteurs trouveront peut être mes termes un peu vigoureux et se précipiteront à m'accuser à tort de cet élan. Il n'y a rien d'exagérer dans mes propos, parce que je vais lire pour vous ce qui est écrit sans aucun détour dans le livre de Michel Stéphanopoli, susditement évoqué, dans son chapitre III : l'Evolution : « Le 27 février 1880, Philippe Casta écrit au préfet de Constantine … il nous est impossible de quitter, et nos travaux de champs, et nos familles exposées à la rapacité des Arabes, nos voisins… ».
La provocation est vieille de plus d'un siècle et la frustration ne date pas de cette visite hélas ! Maintenant, amis lecteurs à vous de juger la gravité, l'agressivité et la monstruosité des mots. L'un compare les voisins de « Rapacité », qui veut dire férocité, voracité et l'autre les traite de… bon voisinage ! Quel paradoxe ! c'est méchant de dire de tels propos. Voltaire n'a t-il pas dit : « Et qui pardonne au crime en devient complice ».
C'est absurde et c'est de la pure perfidie. Puisque les mauvais souvenirs ont ressurgi et l'affreuse épopée a ressuscité. Il est peut être grand temps de demander aux héritiers de cette colonie Corse de dédommager toute la population de Sidi Mérouane et cesser de rêver à d'éventuelles visites qui ne feront que remuer le couteau dans la plaie. 88 ans d'exploitation et d'appropriation de sa richesse, c'est énorme. L'accaparement de son économie, la spoliation de sa culture, la confiscation de sa religion, la violation de son identité et de son histoire même, c'est monstrueux.
Pour terminer, le commentateur ¨S'auto-invite¨ pour un prochain voyage, d'ores et déjà prévu ! C'est extravagant ! Pourtant le sondage effectué récemment auprès d'un important et imposant échantillon de la population locale, n'est guère favorable à une éventuelle visite.
Une minime partie, encore hésitante pose certaines conditions au préalable, qui ne peuvent faire l'objet d'une insertion dans cet espace. Eh ! Oui des séquelles subsistent toujours quelque part. Dans une telle perspective, il n'est guère facile de se refaire une virginité.
Ne dit-on pas : « La langue qui fourche fait plus de mal que le pied qui trébuche » et mieux encore « Les marques du fouet disparaissent, la trace des injures, jamais ».
Au fait, l'amitié n'est ni un banal slogan, ni une simple marchandise. Cependant, elle se cultive et se négocie, avec le minimum d'un commun accord, de consensus et de réciprocité, où il n'y aurait, ni vainqueur ni perdant. Au fait, le traité d'amitié entre l'Algérie et la France perdure et n'a jamais été signé. Y a-t-il anguille sous roche ?
Gardons espoir avec beaucoup de sagesse et peu de réserve. Ne pas dire : « Fontaine je ne boirais jamais de ton eau ». Restons pessimistes. Les bonnes intentions ont existé et demeureront toujours. « A défaut du pardon, laisse venir l'oubli ».Alfred de Musset.
Critique et double lecture de Hocine T. Juillet 2008

Commentaires
ms le 03/05/2009 à 18:53:37encore moi,pour dir depechons nous de rectifier les choses le mal que les autre ont fait on aurez put le faire nous memes c'est humain que ce qui on souffert directement de cette periode me pardonne de parler ainsi,feson de la mediteranne une (mediterapaix)les nouvelles generations nouvelle ne comprenne pas tout ce gachis et comportement archaique des peuples entre eux,il ya eu les romains....ils n'on rien emporter avec eux ...je suis d'accord faire le bien c'est un peut plus difficile que de faire le mal.merci .ms
mohamed salah le 02/05/2009 à 10:14:41
le sentimental reste obnubiller par ses sentiments deumeur en porte a faut avec les fait et la rigueur de l'histoir.bien sur c'est douloureux pour tous,nous sommes tous partie de sidi merouane pour divers raison,si sa peut consoler...il ya cette verite vraies eternellement vrais(eli yezraa errif yahsad righ eghbarou,celui qui seme le vent recolteras la tempete)nous sommes tous les enfants de dame mediteranne.ms
Monsieur M. le 27/08/2008 à 11:41:17
Vous êtes un crétin empli d'aigreur et qui a le goût de la vengeance. Cette bêtise crasse vous fera passer à côté de votre histoire et par conséquent de votre avenir. C'est dommage pour l'Algérie, pour les algériens et même pour vous. Vous m'en voyez navré mais eaxaspéré tout autant.
-=-=-=- 0O0 -=-=-=-
L'auteur répond sur le commentaire le: 29.08.08
* A défaut de vous répondre dans la discrétion par un quelconque moyen, hélas par contrainte, il ne reste que cet espace pour le faire. Une critique a toujours était délicate. Pour votre manque d’objectivité, de sérieux, d’honnêteté et surtout de quelqu’un qui n’accepte pas la différence d’opinion, vous aurez pu vous abstenir de mettre un tel commentaire, malgré sa gratuité !
Je suis fier de réitérer ce que vous avez déjà lu : « Le morceau de bois a beau séjourné dans la rivière, mais jamais n’est devenu poisson ». Au fait le colonialisme a de tout tant était traité de mauvais élève. Vous venez de le confirmer monsieur, malheureusement pour vous ! Quelqu’un qui traite son voisin de rapace, n’a pas de place parmi les humains. La folie des grandeurs mène souvent à des précipices sans fond… quand on ne sait pas parler, vaut mieux se taire. Si la parole est d’argent, le silence est d’or ». Votre écrit aurait pris de l’intérêt si vous avez au moins eu l’audace d’affronter la vérité en consignant votre adresse.L’insulte est le dernier rempart des gens faibles qui manquent d’arguments valables et fiables, pour assouvir leur bestialité Ne dit-on pas :«Il n’y a rien que la vérité qui blesse ».Vous etes blessé monsieur M, une bete blessée devient brutale... Vous donnez l’aperçu de quelqu’un qui est exaspéré, mais c’est faux. Vous refusez tout simplement d’admettre la raison et le bon sens. Dans la critique, il bien précisé que c’est une double lecture personnelle. Je ne vois pas où est la place pour vos généralités : « C'est dommage pour l'Algérie, pour les algériens et même pour vous… » Sic.
A propos, avez-vous lu le commentaire d’une certaine Rosemarie posté le : 05.07.2008 ? Faites –y un tour, c’est très intéressant…
Merci tout de même pour l’intérêt que vous avez porté à mon écrit,sans rancune. L’auteur.