Tremblement de Terre à Sidi Mérouane
Lundi 13 Octobre 2008
Désormais, depuis 2007, les tremblements de terre font partie de la vie des populations de la commune de Sidi Mérouane, dans le nord de la Wilaya de Mila. Des dizaines de secousses telluriques ont été enregistrées depuis ces dernières années, après la fermeture du barrage de Béni Haroun, pour l'emmagasinement des eaux.
Un autre tremblement a été fortement ressenti hier soir, dimanche 12 octobre 2008. C'est vers 22h que cette violente secousse, jamais enregistrée auparavant, est venue soudainement troubler la quiétude des habitants du chef lieu de la commune, (où elle a été plus ressentie) et de quelques mechtas environnantes. Celle-ci fut suivie par une réplique d'égale intensité à 22h25mn, qui a fait vibrer tous les cœurs qui ont courageusement résisté au premier choc.
Au début on pensait à une éventuelle explosion, pas loin. Ce lugubre grondement suivi d'une indescriptible vibration apporta le démenti. La terre a véritablement tremblé. Elle a fait remuer les ustensiles de cuisine, les lustres et autres objets sommairement accrochés.
D'une magnitude estimée entre 3 et 4 sur l'échelle de Richter (estimation personnelle, voir échelle ci-dessous) qui en compte 9. Cette secousse n'a, fort heureusement, causé aucun dégât. La population, devient de plus en plus inquiétante suite à ces menaçantes et répétitives secousses.
Des centaines d'habitants, paniqués, résidant dans des immeubles à plusieurs étages, se sont rués dehors où ils sont restés jusqu'à une heure tardive de la nuit. Quelques uns, plus affolés, sont partis passer la nuit chez des proches qui ont des résidences individuelles qui à leur yeux, présentent moins de risque !
Ces récentes secousses qu'a connues Sidi Mérouane ont réveillé les craintes de la possibilité d'une grande secousse qui pourrait avoir des conséquences dramatiques. Elles viennent nous rappeler que cette localité est le théâtre de ces chocs depuis longtemps et un espace qui se trouve dans une zone « d'activité sismique » à ne pas négliger.
Des fissures sur les murs des maisons et probablement dans les sols sont signalées par les habitants depuis le début de ces spectrales secousses.
La population de Sidi Mérouane est totalement abasourdie, et ne trouve pas à quel saint se vouer. Elle constate avec beaucoup de regret et d'amertume le silence observé par les autorités locales et les services compétents de la Wilaya de Mila. Il est relevé avec stupeur l'indifférence et le peu d'intérêt réservé à ces événements qui présagent de dramatiques catastrophes. Dans de telles circonstances la propagande fraye son chemin et les langues se délient. Chacun va de la sienne. « Le barrage dit on aspirera toute la population si par malheur ces secousses finissent par le briser » ! « Des eaux s'infiltrent depuis le barrage et pénètrent sous la terre pour engloutir tout le village » ! « Le véritable emplacement du barrage d'après des études antérieures devait se faire plus bas » ! Evidemment l'absence d'une étude fiable, par de véritables connaisseurs et la proclamation des résultats à toute la population, laisse émerger toutes les suspicions et la méfiance ne fait que s'amplifier.
Certes, il ne faut pas tomber dans un alarmisme béant, mais quand même de fortes secousses sont fondées. Cette incontournable réalité doit inciter les responsables à tous les niveaux, du président de l'APC (Mairie) jusqu'aux responsables du Centre de Recherche en Astronomie, Astrophysique et Géophysique (CRAAG) à Bouzeréah Alger. La visite sur les lieux des éléments dépêchés par ce centre, ne fait qu'adoucir les angoisses, stopper les rumeurs et apporter une crédible assurance.
Tout le monde s'accorde à dire que les pouvoirs publics n'ont pas tiré les enseignements qui s'imposent suite aux différentes catastrophes qu'ont vécues plusieurs régions de notre pays depuis le séisme d'El Asnam (Chlef) en octobre 1980! Et le 21 Mai 2003 de Boumerdès!
Il faut être serein et aborder cette délicate et alarmante situation avec un intérêt purement scientifique, avant que se ne soit trop tard.
La prévention de tels risques avec engouement dans cette localité « infectée » depuis déjà 2 ans par ces funestes secousses, doit donner lieu à chercher et imposer des normes de constructions totalement adaptées.
Les responsables à tous les niveaux sont interpelés pour éviter une catastrophe qui risque de survenir à tout moment. La vie de 23051 habitants (au dernier recensement d'avril 2008) est hypothéquée, pire, elle est menacée. Monsieur le président de la république Abdellaziz Bouteflika, n'a-t-il pas fait des déclarations acerbes aux responsables du barrage lors de son inauguration au mois de septembre 2007:
Le président de la République a relevé que « ces problèmes d'infiltration peuvent constituer une menace pour la population et sur l'écologie dans la région ». « C'est une mer qui se déchaînerait ». Le chef de l'Etat s'est même dit «prêt à abandonner ce projet plutôt que faire courir un risque écologique ou humain à la population» de la région.
C'est sage de le dire, « Mieux vaut prévenir que guérir ». Il est en effet plus aisé d'empêcher une situation délicate ou un problème douloureux, que de les résoudre.
: Une nouvelle secousse tellurique a eu lieu aujourd'hui lundi 20 Octobre 2008 à 10h46mn, de la même intensité que les précédentes, citées en début de cet article…Sans commentaire !
Reportage réalisé par Hocine T. Octobre 2008
*J'ai délibérément fait pour vous cette synthèse pour mieux ressentir le sujet *
Un séisme ou un tremblement de terre se traduit en surface par des vibrations du sol. Il provient de la fracturation des roches en profondeur. Cette fracturation est due à une grande accumulation d'énergie qui se libère, en créant ou en faisant rejouer des failles, au moment où le seuil de rupture mécanique des roches est atteint.
Un tremblement de terre est l'une des catastrophes naturelles parmi les plus dangereuses. A la différence d'un cyclone ou d'une éruption volcanique, un séisme frappe en quelques secondes ne donnant aucune chance de fuir. La Terre bouge à raison de plus d'un million de secousses par an. Bien sûr, cette activité tellurique n'est pas, dans la plupart des cas, perceptible à l'homme.
La magnitude quantifie la puissance du tremblement de terre. Cette échelle de puissance a été élaborée par Charles Francis Richter et utilisé à partir de 1935. Cette échelle est graduée de 1 à 9.
Prévoir les tremblements de terre
A ce jour, aucun tremblement de terre n'a pu être prévu. La meilleure protection reste liée aux constructions.
Le choix de l'implantation et la solidité des fondations sont primordiaux. Sans mise en œuvre des dispositions parasismiques, de nombreux morts seront encore à déplorer.
Il existe des signes avant-coureurs qui préludent aux séismes :
* Variation du champ magnétique local.
*Augmentation de la circulation des eaux souterraines.
*Diminution de la résistivité des roches.
*Légères déformations de la surface du sol.
Dans les régions à risques, plus le dernier séisme est loin, plus le risque est grand qu'un nouveau se produise.
Le cycle sismique est très variable. Il peut s'écouler des dizaines ou des centaines d'années entre deux ruptures de forte magnitude.
Des moyens de détection et d'enregistrement existent :
*Les sismographes qui permettent d'amplifier le plus infime mouvement du sol
*Les réseaux « WWSSN » (américain) et géoscope (français) qui sont des appareils de mesures enregistrant toutes les composantes du mouvement du sol sur deux bandes de fréquences complémentaires.
*L'interférométrie : des prises de vue par satellites qui donnent les modifications de la surface terrestre.
Classification des séismes selon l'échelle de Richter
En dessous de 2 : séisme micro, non ressenti
De 2,0 à 2,9 : séisme très mineur, non ressenti mais enregistré par les sismomètres
De 3,0 à 3,9 : séisme mineur, ressenti mais ne causant généralement aucun dommage
De 4,0 à 4,9 : séisme léger, secousses d'objets à l'intérieur des maisons, créant quelques dommages légers
De 5,0 à 5,9 : séisme modéré, pouvant causer des dommages majeurs à des édifices mal conçus par exemple et de légers dommages aux édifices stables
De 6,0 à 6,9 : séisme fort, pouvant être destructeur dans des zones jusqu'à 180 kilomètres autour dans les zones peuplées
De 7,0 à 7,9 : séisme majeur, pouvant être destructeur dans des zones plus vastes encore
De 8,0 à 8,9 : séisme important, pouvant causer des dommages sérieux dans des zones se trouvant à des centaines de kilomètres autour.
A partir de 9 : séisme exceptionnel dont la fréquence est généralement de 2 par siècle.
* A sa création, l'échelle de Richter allait de 1à 9. Aujourd'hui, on utilise ce que l'on appelle l'échelle ouverte de Richter, c'est-à-dire qu'il n'y a ni limite inférieure, ni limite supérieure concernant la magnitude d'un séisme. Ainsi la magnitude d'un tremblement de terre se situe approximativement entre : 1et 9,5.
La magnitude 9 a déjà été dépassée lors du séisme du : 22 mai 1969 au Chili.
ATTENTION : L'échelle de Richter est une échelle logarithmique, ce qui a pour conséquence : Une magnitude de 7 est 10 fois plus puissante qu'une magnitude de 6, 100 fois plus puissante qu'une magnitude de 5 et 1000 fois plus puissante qu'une de 4.
Synthèse de Hocine T. Octobre 2008

Commentaires
SM le 14/10/2008 à 17:42:36Bonjour,
Ces secousses répétitives sont apparemment causées par les infiltrations de l’eau du barrage dans des fissures des roches sous-jacentes ; ces petits séismes artificiels qui sont enregistrés près des grands barrages n’ont aucun lien avec les séismes naturels et sont très courants à proximité de ces lieux (région des Pyrénées…)
Bon courage
bm le 14/10/2008 à 15:12:55
Salam M. Hocine,
Aïdek mabrouk,
J’espère que vous vous portez bien ainsi que la population de Sidi Merouane, surtout après le tremblement de terre d’hier.
J’ai lu votre réponse concernant le PVD, je vous dis : je suis sage comme vous vous êtes sportif. Mon e-mail n’a aucune importance et mon but ce n’est pas la critique ; c’est le savoir. Je saisis cette occasion pour apporter les éclaircissement suivants :
Le PVC ou polychlorure de vinyle est un polymère thermoplastique (de l'anglais PolyVinyl Chloride) ; c’est une matière plastique non corrosive.
Par contre, PVD c’est l’abréviation de Physical Vapor Deposition (comme vous avez dit) et c’est un procédé physique sous vide de traitement de surface très coûteux et que l’on utilise dans la fabrication des semi-conducteurs, des couches minces, traitement de pièces mécaniques pour diminuer les frottements (tribologie), le revêtement des outils de coupe (perçage, tournage, fraisage, taraudage, alésage…),… ; ce n’est pas un matériau. Donc ce procédé c’est la haute technologie qui n’est pas à la portée de tout le monde. D’ailleurs, j’ai essayé de trouver des fournisseurs de canalisations d’alimentation en eau en « PVD », je n’ai pas trouvé (j’ai passé un temps fou dans ma recherche)! Peut-être ce produit est utilisé uniquement à Sidi Merouane, comme les fameuses pompes prototypes de la station de pompage du barrage Beni-Haroune. Et pour vous dire, je suis du domaine c’est pour ça j’aimerai bien avoir des informations concernant ces canalisations en PVD !!!
Concernant le tremblement de terre d’hier, est ce que vous avez des photos des dégâts causés ? Pour ce qui est de l’origine de ces secousses répétitives, il me semble c’est le rôle des élus locaux (le maire…) et de M. le Ministre Djaaboub signaler ce phénomène aux autorités compétentes…
Essayez d’héberger votre site sur www.algérieinfo.com; beaucoup de gens consultent ce site.
Encore une fois, bon courage
Salam